Rêve de ville 2006
Itinérance artistique et végétale en ville
proposée par la MJC Berlioz et
orchestrée par la Cie l'Oboubambulle
En 2006, Rêve de ville ce fut :
- 0 euro de dépense pour le spectateur. Les animations étaient gratuites et accessibles
- 30 compagnies artistiques ou artistes invités participant au festival
- Une quarantaire de partenaires
- 1000 enfants et jeunes ont participé à la création et l'organisation de Rêve de Ville
- 30 822 heures de bénévolat de janvier à juillet 2006 soit l'équivalent d'un budget de 246576 euros
- Un budget de 123 986 euros financés notamment par la Ville de Pau, le GIP/DSU, les collectivités territoriales, l'Etat et des organisme semi-publics
Retour sur un Rêve accompli par Marie-Pierre Courtois
En 2006, la MJC Berlioz créé un festival unique en son genre. Baptisé Rêve de Ville en référence au slogan de la ville de Pau ("la vie rêvée des villes"), l'évènement est une
création multiforme où se répondent nature et culture.
Chacun le sait, le paradis n'est pas une rue : c'est le terrain rêvé où règne l'harmonie, et c'est un jardin. Une symbolique universelle enracinée en nous, sans limite de frontière ou
d'idéologie. Un jardin n'est pas une forêt sauvage mais un espace où l'homme joue un rôle et organise en douceur la nature à sa mesure. Un lieu d'interaction entre nous et le monde végétal. Rêver
de villes plus vertes, c'est dans l'air du temps, mais la MJC ne peut pas se contenter de rêver. Elle se doit d'agir. Le collectif Berlioz à travers Rêve de ville a relevé le défi :
créer un contact éphémère mais vivant, intense et jubilatoire entre le végétal et les citadins. L'idée a des racines qui remontent à loin.
La cohérence sociale
Les habitants des quartiers nord-est de Pau sont mobilisés de longue date autour de l'idée de la Coulée Verte ; le projet initial (1980) d'un espace piétonnier et cycliste reliant le rond-point
des allées de Morlàas à l'Université n'a pas été mené à terme. C'est une Coulée Verte inachevée qui fut inaugurée officiellement en 1993 par André Labarrère, sénateur-maire de Pau. Mais sous
l'impulsion des MJC Berlioz et du Laü, et du collectif Berlioz, la population sème des graines d'action sur le rêve : les enfants de l'école Marancy plantent des acacias et aménagent des jardins
sur le parvis de l'école, le Hameau et les jeunes se font artisans du paysage quotidien (on construit... chemins, terrain de foot), une exposition retrace l'histoire du quartier, de spromenades
s'organisent sous la houlette de François de Barros et Jean-Paul-Lavigne, architectes urbanistes du projet.
Rêve de Ville puisse son inspiration dans cette dynamique collective durable. Des structures naturelles (bambous et bois) sont construites par des bénévoles pour habiller la rue Mozart
d'un décor idéal mais logique, comme l'aqueduc drainant les eaux du ruisseau du Laü enfouis en 1971 mais dont la crue en 1993 provoqua une inondation. Les objets créés matérialisent à la fois un
rêve global et l'histoire du quartier. Ils jouent tous un double jeu... comme ces bancs en bois utiles et décoratifs (représentant des statues de biches.)
Dans les coulisses du festival, de janvier à juillet 2006, les habitants du quartier ont travaillé ensemble, architectes spontannés des ces journées de fête. Le temps des préparatifs, c'est une
histoire humaine de rencontre et de partage où les énergies convergent dans l'échange et l'action. Parce que vivre en ville, c'est vivre ensemble. Et créer des manifestations artistiques autour
du thème de la nature, ce n'est pas une nouveauté pour la MJC Berlioz.
Une mise en scène multiforme de la nature
On se souvient du défilé 2005 sur le boulevard des Pyrénées à l'occasion de la fête de la musique, une joyeuse troupe émaillée d'échassiers et composée de quatre chars avec leurs tribus incarnant
les saisons. C'était l'oeuvre de la Cie l'Oboubambulle, qui a formé à l'art di rire, du maniement d'objets, à la danse et la déambulation, plus d'une centaine de comédiens bénévoles et
improvisés. Le spectacle s'appelait La Graine... une graine, quand on en prend soin, ça pousse ! Avec Rêve de Ville, Patrick Janvier, directeur artistique de la Cie
l'Oboubambulle, et Nathanaël Petitjean persistent et sèment. Nos Tribus Ephénmères des saisons défilent toujours, jouant avec le public, vêtues de feuilles et de branches (les costumes composés
d'éléments naturels sont la création de bénévoles), et, en plus, on a dans la rue ces improbables échafaudages pleins de sens. Quand la musique s'en mêle et défile, mouvante et fraîche à la
tombée du soir, on doute. On ne sait plus si on est à Pau ou dans un film de Kusturica ! le parcours imaginé a permis à une trentaine d'associations de s'exprimer.
Ambiance ouverte et festive, placée sous le signe du jeu et de la paix. Le jour, la nuit... en ces longues et douces soirées d'été, des spectacles, il y en a eu. Une effervescence à l'image de la
nature, dense et infiniment variée, rythmée d'instants magiques. Les citer tous serait aussi irréaliste que de vouloir nommer chacune des espèces végétales de notre planète. Il y eût des moments
de grâce aériens, haut dans les arbres avec le solo de violoncelle en hamac de la Compagnie Desidela, en bas sur les arbres avec les danses-escalades de Retouramont. La haute
qualité était au coeur de la rue avec décadrages et ses danses contemporaines.
Le festival fut une invitation vagabonde au voyage grandeur nature dans les rêves de chacun, talents particuliers à l'appui comme celui de Marc Barbarit, artiste paysager, Bruno
Loire ou David Robesson. Des visions et du son : concert hydrophonique des Cubiténistes, chanson française avec la Môme Cricri et sa Colette au Zut Zig Bar,
musique tsigane des Troubl'amours, arabo-andalouse avec Kafila, brésilienne avec la Batucada La Fourmi, nouvelle avec La Factory.
Musiques du monde, cuisines du monde. Tous les goûts sont dans la nature et les graines ça se plante et.... ça se mange ! Mamans et jeunes du quartiers nous ont fait profiter de leur éducation à
l'alimentation par leurs menus bio-végétariens, avec Garance on a expérimenté les vertus de la spiruline (une super micro-algue), des producteurs, boulangers, maraîchers bio et viticulteurs
étaient là. Sensibilisation à l'environnement à la clé et charte écologique en vigueur : ludique, le parcours était aussi éducatif.
Et si le rêve est devenu souvenir, c'est qu'il s'est réalisé.